Ciao Papa,
Ça n'a jamais été facile de te parler de choses sérieuses sans que tu prennes position, que tu n’en démordes, rendant tout dialogue ou débat difficile…. Mais pas impossible !!
Il fallait du temps mais parfois, même si tu ne l’avouais pas, on réussissait à te faire voir les choses d’une manière différente.
Tu étais toujours sûr de toi et de tes capacités, tu te devais de l’être.
Jusqu’au bout tu auras gardé ça en toi, sûrement à cause d’une jeunesse d’après-guerre, où pour t’en sortir tu as dû te convaincre d’être déjà adulte avant l’heure, te chargeant de responsabilités impossibles quand on a 12 ou 13 ans, laissant la maison familiale pour aller chercher un travail dans une autre région que la tienne, puis dans un autre pays….Tout ça, encore adolescent.
Ce n’était pas la même époque, mais je pense que l’on n'est jamais prêt à affronter des défis comme ont été les tiens. si jeune sans se forger un très fort caractère.
Malgré tes discours très durs sur le résultat de tous tes sacrifices, je peux te garantir que tu as été un exemple pour moi, me laissant un énorme patrimoine qui fait de moi, je pense, une personne équilibrée et appréciée par beaucoup (mais pas par tout le monde sinon je ne pourrais pas me vanter d’être ton fils).
Tu es un exemple.
Bien sûr j’ai fait le tri, il y a des choses que j’ai reproduites et qui font parti de mon ADN, certaines que j’ai adaptées et d’autres plus radicales que je n’ai pas répétées ! Comme …
Ta détermination et l’amour du travail bien fait. J’aimerais ajouter « avec modération » même si qui partage ma vie me voudrait plus à la maison.
Ta générosité même si elle était toujours accompagnée d’un commentaire ou d’une remarque. Bien sûr pour qui te connaissait, on savait que tu ne pouvais pas te permettre de faire le gentil, la vie te l’avait interdit !
Ta force physique mais aussi mentale : ne jamais abandonner « je commence, je finis ».
Ton humour, qui datait du siècle dernier. Mais tu étais aussi parfois amateur de l’humour plus contemporain des jeunes d’aujourd’hui, nous nous rappellerons toujours des nombreux fous rires que tu as eus, rare moment où l’on te sentait vraiment relâché de toute pression.
La pression que tu te mettais tous les jours, pour être et rester celui que tu te devais d’être… Je citerais : "la pression est un privilège", sans pression nous ne sommes rien, elle te fait avancer, parfois gamberger mais elle détermine un but, une mission.
Cette pression, ce fameux 8 mai, tu ne la supportais plus et plutôt que de te rendre, de baisser les bras et d'avouer que la maladie était en train de gagner sur toi.
tu t’en es sorti avec force et courage, décidant par toi même, fidèle à l’image de ta vie.
Tu ne nous as pas rendu la tâche facile.
Depuis quelque temps déjà, tu avais choisi ta route et tu es allé au bout, tu ne nous as pas laissé le choix, tu avais pris ta décision d’aller au combat tout seul, comme un militaire sans armures, sans armes ou sans support aérien. Un guerrier !
On a essayé de te convaincre de lever le drapeau blanc et de faire entrer les infirmiers sur le champ de bataille. On s’est cassé le nez, car tu étais doté d’un caractère en acier trempé.
Jusqu’au bout tu as fait les choses bien, on a pu se « préparer » même si l’on n'est jamais prêt à 100% surtout quand on se retrouve dans une situation toute nouvelle.
Malgré tout, tu ne nous as pas abandonnés, nous protégeant, trouvant la force de prendre soin de tous les détails.
On se doit de respecter ton choix !
Papa, Merci pour tout !
TI VOGLIO BENE
Olivier