Photo de Philippe BERTIN

Philippe BERTIN

décédé le 19 juillet 2026 à l'âge de 72 ans
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Photo de Philippe BERTIN
Philippe BERTIN
décédé le 19 juillet 2026 à l'âge de 72 ans

Message de la famille

Chère famille, chers amis,

C’est avec une grande tristesse que nous vous annonçons le décès de Philippe BERTIN survenu le dimanche 19 juillet 2026 à Challans. La cérémonie se déroulera le mercredi 29 juillet 2026 à 11h00 à l’adresse suivante : Cimetière Parisien de Bagneux - 45, Avenue Marx Dormoy - 92220 Bagneux.

Nous vous invitons à utiliser cet espace pour laisser vos condoléances, partager des photos souvenirs, une anecdote ou exprimer vos pensées à travers des poèmes ou des textes. Cet endroit est un lieu d'expression dédié à honorer la mémoire de Philippe BERTIN.


Un service de plantation d’arbre hommage est disponible ici.

Cérémonie civile

mercredi 29 juillet 2026 à 11h00
Cimetière Parisien de Bagneux
45, Avenue Marx Dormoy
92220 Bagneux

Déroulé des obsèques

Cérémonie civile

Le mercredi 29 juillet 2026 à 11h00

Inhumation

Le mercredi 29 juillet 2026 à 12h00

Rendez hommage à M. BERTIN

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Un hommage durable et symbolique
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Philippe BERTIN 1954 - 2026 Marie Agnès Aujourd’hui, c’est un jour difficile car je dois te dire au revoir alors que je t’aimais tant. Les années passent, je me disais que j'avais une marraine exceptionnelle, gentille, toujours attentionnée. Quelle tristesse pour moi, tu me manqueras énormément, je ne t'oublierai jamais. Au revoir Marraine. Lucas Morel Devant ce douloureux coup du sort, je suis à la fois triste et décontenancée. Je voudrais vous apporter un peu de réconfort, mais, aujourd’hui les mots me manquent. Anaïs Henri Toutes mes pensées affectueuses à vous, qui m’avez fait aimer les mathématiques. Votre gentillesse, votre pédagogie envers nous restera gravé comme un précieux souvenir de mon enfance. Vous avez marqué ma vie bien au-delà de la salle de classe. Reposez en paix.
Le livre hommage met à l'honneur les différents messages et photos partagés sur cet espace avec une mise en page élégante.
  • - Format 210 x 210mm sur papier 200 gr. et ½ semi-brillant
  • - Imprimé et façonné en France
  • - Livré via colissimo (nous attendons de recueillir tous les hommages avant de produire le livre)
  • - Suivi du colis par SMS
Nombre d'exemplaires :
Prix TTC: 49,90€

Partagez votre affection et vos souvenirs

Philippe BERTIN 1954 - 2026 Marie Agnès Aujourd’hui, c’est un jour difficile car je dois te dire au revoir alors que je t’aimais tant. Les années passent, je me disais que j'avais une marraine exceptionnelle, gentille, toujours attentionnée. Quelle tristesse pour moi, tu me manqueras énormément, je ne t'oublierai jamais. Au revoir Marraine. Lucas Morel Devant ce douloureux coup du sort, je suis à la fois triste et décontenancée. Je voudrais vous apporter un peu de réconfort, mais, aujourd’hui les mots me manquent. Anaïs Henri Toutes mes pensées affectueuses à vous, qui m’avez fait aimer les mathématiques. Votre gentillesse, votre pédagogie envers nous restera gravé comme un précieux souvenir de mon enfance. Vous avez marqué ma vie bien au-delà de la salle de classe. Reposez en paix.
Un mot, une photo, une fleur ou même un arbre planté en sa mémoire : autant de gestes symboliques qui apportent soutien et réconfort à la famille.

Votre hommage prolongera la mémoire de Philippe Pierre Ernest BERTIN et viendra agrémenter le Livre hommage, un précieux souvenir pour ses proches.
Témoignage aux proches

Hommages rendus

53 hommages
14 accompagnés d'arbre du souvenir
  • Il y a 1 semaine
    Thierry Herpin

    Voilà ce que mon frère voulait dire lors des obsèques mais il n'avait pas osé, donc je le transcris dans les hommages car il s'agit de souvenirs concernant ces 2 amis qui s'aimaient. Caro
    Écrit par Thierry pour les obsèques de Philippe, le 29.07.2026
    Salut Ami Philippe,
    Alors ça y est, sans crier gare, tu as fait le grand voyage, franchi le pas un dimanche de ce chaud mois de juillet, après une semaine passée au bord de la mer avec Agnès, ta compagne.
    Quel pied de nez à la médecine et à nous autres tu as fait: pas de traitement long et fatigant, d’examens, de contrôles multiples, de bilans et j’en passe.
    Le destin et toi-même en ont décidé autrement.
    Quand j’ai appris la nouvelle par ma soeur, il y a huit jours, sur le coup je n’y ai pas cru vraiment, comme si tu nous faisais une mauvaise plaisanterie et que tu allais un jour prochain me croiser dans la rue avec un petit sourire en coin en me demandant de mes nouvelles. C’était impensable pour moi, on avait dîné quelques mois plus tôt à la pizzeria de Fontenay aux Roses, en apparence en bonne forme et ton appétit n’était pas en berne, tout comme le mien d’ailleurs. Nous t’avons vu pour la dernière fois, Caroline et moi, à la Pentecôte.
    Puis, plus tard, tu m’as annoncé le mal dont tu souffrais, un diagnostic tardif, des radios mal faites. Depuis, j’ai compris que j’avais perdu un être cher, un vrai ami, après 35 ans sans se voir. Le sort en a voulu ainsi, on se retrouve pendant trois ans, puis vient la valse aux adieux sans qu’aucun de nous ne soit en faute.
    Mais trêve de pleurnicherie, nous sommes tous là, tes amis, pour te fêter toi, ta gentillesse naturelle et ton humour à fleur de peau, ta passion et ta maîtrise des mots et des idées que tu avais décidé de partager un peu partout, en France et en Navarre.
    Je me souviens, au Lycée Lakanal de Sceaux, un établissement plutôt reconnu pour sa réussite scientifique, tu rafflais régulièrement les meilleures notes en composition française et autres rédactions. On s’était donc connus en 5ème et sommes restés ensemble jusqu’en 3ème. Je t’ai rappelé nos profs de francais: M. Coué en 5ème (comme la méthode) qui nous initiait à la littérature par des lectures enjouées, M. Langlais en 4ème, avec sa veste cintrée et sa voix forte, et enfin, Mme Lees, une très jolie femme à la voix douce et au calme olympien.
    Première anecdote: 0n avait un prof d’anglais dont le nom était M. Thénot et son fils était avec nous en classe. Une fois, le prof n’était pas encore arrivé et tu avais soudain lancé: „Thénot, donne-moi tes notes, il est ten o’clock“! Tu imagines le brouhaha de rires face au rejeton médusé … et qui n’a pas moufté! Bel exemple de ton humour opportuniste.
    Autant que je m’en souvienne, tu n’étais pas un stakhanoviste du sport, tu regardais le rugby et le tournoi des 5 nations chez un voisin car tes parents ne voulaient pas de télé. Le tournoi de Roland Garros était aussi ta marotte avec sa cohorte de champions australiens de l’époque. Rod Laver, Ken Rosewall, Tony Roche ou Evon Goolagong, une belle aborigène au tennis de rêve. Moi, j’étais plutôt foot et athlétisme, que je suivais régulièrement dans la presse et à la télé.
    Au fait, dis-moi, n’aimant pas le football, c’est pour ça que tu as tiré ta révérence le jour de la finale de la Coupe du Monde, je me pose la question? En tout cas, la finale fut bien triste.
    Tu vois, en retrouvant ces souvenirs lointains mais qui m’ont marqué, puisque j’en parle près de 60 ans après, j’ai la larme à l’oeil et à l’âme en les évoquant.
    Plus drôle, nos fous-rires à l’occasion de mes imitations de nos présidents de la République: imitant le Général et sa voix traînante, Giscard escogriffe à crâne d’oeuf mais à la mise plus moderne et ses intonations, tu te rappelles? et sa sortie bouffonne pour ne pas dire ridicule: AU REVOIR. Enfin Mitterand et sa prosodie incantatoire.
    Anecdote Nr 2: On s’était retrouvés au stade de la Grenouillère un jour de grêve en mai 68 et tu avais apporté une bouteille de Bordeaux venant de la cave paternelle que tu souhaitais, m’avais-tu dit, bravache, balancer sur la flicaille. Evidemment, tu ne l’as pas fait et tu as finalement donné la bouteille à un travailleur malien qui se trouvait là. Bravo l’artiste!
    Il y avait aussi les goûters chez toi, avec entre autres, des tartines à la cannelle, ingrédient inconnu dans ma tribu. On lisait quelques BD, plutôt chez moi, avec des personnages hauts en couleur: Modeste et Pompon et l’affreux voisin Ducrin; Benoît Brisefer qui cassait la baraque et le grand Duduche qui surplombait le journal Pilote de son double-mètre.
    Toi-même, tu avais inventé des personnages tels MM Louchard et Charlou, au strabisme remarquable ou encore Mme Tricotin qui ne pouvait s’empêcher de tout critiquer, tout en tricotant. On s’était fait remettre à l’ordre en cours d’histoire.
    Enfin dans nos souvenirs d’ados-jeunes adultes, que nous évoquions encore récemment, le séjour dans notre maison de campagne à Nonancourt en Normandie, où tu avais écrit ton roman.
    Anecdote Nr 3: Une soirée étonnante à Nonancourt, où nous pratiquâmes, toi, ma soeur, Caroline, et moi, un jeu tout bête: chacun doit répondre à une question et s’il échoue, l’adversaire doit lancer une allumette dans un verre vide. Si elle tombait dans le verre, on le remplissait de calvados, et le malchanceux devait le boire aussi sec. Je ne sais plus qui l’avait remporté mais la soirée s’était terminée sur la petite route longeant la maison, nous 3 allongés sur la chaussée et chantant à tue-tête. Heureusement, aucun camion ne passa cette nuit-là et rentrés à la maison, nous dessoulâmes le surplus emmagasiné.
    Voilà quelques souvenirs, parmi tant d’autres partagés avec mon cher et regretté ami Philippe.

  • Il y a 1 semaine
    Alice

    On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. Sans vouloir entrer dans la surenchère face à Rimbaud, j’aurais envie d’ajouter, on n'est pas sérieux, même à 72 ans. C’est normal parce que 72, c’est 27 à l’envers – 10 qui font 17, on s’y retrouve. C’est un petit clin d’œil à sa logico-logisticienne-mathématicienne de mère, la reine-mère Denise. Celles et ceux qui la connaissent comprendront de quoi je parle.

    Pourtant, Philippe aurait pu avoir un tout autre destin si l’on s’en tient à son troisième prénom : Ernest qui signifie très sérieux en anglais. Mais cela ne colle pas vraiment avec lui. Effrayé par ce prénom trop sérieux, il a préféré prendre la tangente vers le rire et les sourires. En même temps, vous noterez qu’un artiste, par essence, ne saurait être vraiment sérieux. L’art, c’est ce qui permet de mettre du sel et du piment dans une vie qui serait beaucoup trop fade sans cela. A la manière de Prévert, je vais donc faire un inventaire Philippien.

    • Quand je pense à lui, le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est sourire, celui de son père, sourire signature. Mais aussi celui de sa sœur, ma chère mère Christine. Un sourire partagé de père en fils et en fille qui atteint les oreilles et qui désarme celui ou celle qui le reçoit.

    • Sourire bien évidemment va avec rire, deuxième mot qui définit de près Philippe. Pas besoin de m’étendre la-dessus, vous savez tous ici de quoi on parle.

    • Ensuite, évidemment, vient le mot mot. Pas celui avec un -x mais celui avec un -s. Je savais l’importance des mots pour Uncle Phil alors je vais essayer de les choisir avec le plus grand soin pour lui. Lui qui aimait tant accueillir de ses mots une assemblée pour des moments heureux, comme les mariages, les anniversaires, ou encore ses chères lectures, je suis sûre qu’il aurait adoré être là pour orchestrer cette cérémonie. Mais la vie en a décidé autrement. J’espère juste que quelque part, il y a une logique et qu’il est mieux ailleurs.  

    • 4° mot de mon inventaire : Uncle Phil était, comme le dit bien son nom, mon oncle, mais surtout mon parrain. Pas du tout au sens chrétien du terme car il ne m’a jamais emmenée à l’église. Ni même accompagnée dans mon cheminement spirituel très serpentueux. En même temps, avec un tel guide spirituel, il ne fallait pas s’étonner que je prenne des chemins de traverse ! L’importance du mot parrain est à chercher ailleurs. Il était mon parrain au sens d’un guide protecteur, un adulte de confiance qui m’a apporté un soutien affectif et des conseils au fil du temps. Je vous avoue : ce n’est pas de moi, mais du Larousse et je pense que cette définition a dû être écrite pour lui ! C’est le rôle qu’il a eu dans mes jeunes années. Un sacerdoce qu’il a rempli avec beaucoup d’abnégation il faut bien le dire. Plus sérieusement, il remplissait avec le plus grand sérieux sa mission et on avait une relation particulière et privilégiée. J’aimais aller chez lui dans sa petite maison de Malakoff. Il m’emmenait à Paris, au cinéma, à des expos, c’étaient des temps précieux d’éveil à la culture. Il était aussi un oncle rock and roll qui m’a fait découvrir un autre univers culturel que le bain de culture classique dans laquelle sa chère sœur nous faisait baigner. Il tenait toujours à m’offrir un cadeau spécial qui n’était pas forcément validé par mes parents. C’est ainsi que grâce à lui, j’ai pu chanter à tue-tête sur le 33 tours d’Émilie jolie ou de … Dorothée. Oui oui, aucune censure artistique de sa part, tant que j’aimais, il aimait aussi me l’offrir. A l’adolescence, il m’a donné des vinyles collectors à lui, de Bob Marley, Pink Floyd ou Hendrix. Mon goût très prononcé du noir me vient aussi de lui. Ça, c’était avant qu’il ne mette des couleurs. Car les couleurs c’est ce qui définit le mieux sa vie.

    • 5° mot de l’inventaire : je pense à cinéma. Sa vie était un film dont il était l’acteur principal, mais aussi le réalisateur, le producteur, le monteur, le régisseur, l’ingénieur son et lumière. Dans cette vie-là, ma mère tenait le rôle d’Isabelle Huppert. A chaque fois qu’il la voyait, il le lui rappelait, ce qui déclenchait immédiatement chez elle un sourire pavlovien ou plutôt bertinien philippien raoulien si vous arrivez à me suivre. Vous savez, ce sourire qui s’étend jusqu’aux oreilles et qu’elle avait en partage avec lui. Cinéma toujours, s’il était un film, il serait, vous l’aurez deviné, Mon oncle de Tati, qu’il m’a évidemment emmené voir petite. Ou encore le Sens de la fête. Car il avait un sens inné de la fête et du partage. Je pense aussi avec beaucoup d’émotion à La vita e Bella où Roberto Benigni invente pour son petit garçon un monde imaginaire et parallèle pour masquer la sordide réalité des camps. Philippe a beaucoup euphémisé la terrible réalité de sa maladie derrière son humour, son imagination et la poésie de ses mots, toujours soigneusement choisis. Jusqu’au bout. Les résultats de sa biopsie devenait ainsi une « biopsi-cola ». Il a aussi écrit « J'entre en chimio comme on entre dans les ordres. Séance à l'hosto tous les 15 jours. Ce qui donne entre temps la possibilité d'une ou plusieurs îles ». Malheureusement, il aura eu une petite île, mais une très belle île aux côtés de sa douce Agnès, et on lui en aurait souhaité bien d’autres encore. On est heureux de savoir qu’il a passé ses derniers instants auprès de toi Agnès, à la plage, pas celle de Monsieur Hulot, mais au bord de l’eau qu’il aimait tant. Sur sa dernière île. Maintenant, un peu moins de poésie que sa possibilité d’une île, mais un humour décapant et néanmoins vital. Je ne sais pas si vous êtes prêts. C’est parti. Donc à J2 de ses soins « chez Gustave », comme il disait, je traduis : à Roussy pour les non initiés, voici quelques échanges : « L’homme bionique (m’écrit-il à 20 h 32), s’apprête à dormir avec Baxter ! ». Je croyais qu’il s’endormait devant une petite série, Dexter, mais non, en fait, Baxter, c’est le nom de la firme qui produit sa chimio. Quand je vous dis cinéma, on y est toujours, son traitement devient presque une série divertissante. Après vérification, pas trop car Dexter met en scène un expert en médecine légale qui est en réalité un psychopathe choisissant de canaliser ses pulsions meurtrières en tuant des personnes criminelles et non innocentes. Il y a mieux pour se changer les idées à l’hôpital. Pour en revenir à notre discussion, je lui réponds : « Déjà ? (aparté, Philippe était un fêtard, comme vous le savez, alors 20 h 32, c’était inédit pour lui). Mais tu as raison alors bonne nuit. Bisous ». La chute, 2 h après, il me répond : « Pour l’instant, j’ai le feu au cul avec un début d’ouverture du détroit d’Ormuz ». Plus tard, il euphémise ses douleurs et me parle d’une nuit « un peu mouvementée mais calmée par miss dolly ». Donner un doux nom de femme à un médicament, c’est tout lui. Quand je lui demande si c’est lié à la chimio, il répond : « Je sais pas, juste la tumeur qui prend ses aises dans un climat de constipette ». Vous aurez compris que même la maladie, ce n’est pas vraiment sérieux. On s’en moque quand on a 72 ans, ou à l’envers 27 ans – 10 qui font 17. D’ailleurs le meilleur remède trouvé par Philippe quand ses premières douleurs apparurent, fut de prendre une carte UGC pour faire une cure de cinéma : un film par jour ! Et il nous envoyait ses conseils cinéma, que l’on appréciait beaucoup.

    • Je vais quitter le cinéma pour en venir à mon 6° mot : photo. Ses images sont très présentes dans ma vie. Petite fille déjà, j’étais fascinée par le regard qu’il posait sur le monde à travers son objectif. Les photos de mon petit frère Aurélien en rouge dans le blouson de cuir noir de Philippe qu’il avait prises dans le vert de l’herbe. Rouge, noir, vert. Des couleurs vives. J’étais très fière qu’il ait choisi mon petit frère comme modèle. Car il faut savoir qu’il n’aimait faire ni les photos de famille, ni les portraits. Il nous a laissé pour toujours ces belles photos de notre petit frère disparu. J’allais voir toutes ses expos ou presque, fièrement aussi. Tous les soirs, je m’endors avec l’une de ses photos exposées au Musée d’Orsay, un focus aérien sur une belle visiteuse d’Orsay qui regarde une imposante statue se dérobant à notre regard. L’art est dans la rue comme dans les galeries du musées : l’œuvre d’art, c’est elle, cette femme lumineuse aux cheveux blancs. Et je me réveille avec la photo de ce petit garçon d’Hiroshima, assis sur un banc, de dos. Discrètement et finement, Philippe avait remarqué que lors de son expo, j’étais restée un temps infini devant ce petit garçon qui me faisait tant penser à mon petit frère Aurélien. Il ne m’a rien dit, et des années après, il me l’a offert pour mes 40 ans, car il avait su que c’était le plus beau cadeau qu’il pouvait me faire. Et quand j’allume mon ordinateur, mon fond d’écran est une très belle photo qu’il avait prise dans la rue d’une jeune femme les yeux rivés sur son téléphone, adossé à un vélo. C’est grâce à lui que j’ai été sensible à cette forme d’art qui n’a pas besoin des mots pour parler aux autres. C’est aussi sans doute pour cela qu’il est passé avec autant d’avidité de la photo aux lectures. Car il avait trop à dire pour que cela reste enfermé dans le non dit de l’image, nécessairement soumis à l’arbitraire de celui ou de celle qui la reçoit. L’image ne lui suffisait plus, elle se passait de ses mots. Et comme il était un être de parole, il lui fallut autre chose.

    • On est arrivé au 7° mot : lectures au pluriel car elles étaient plurielles.

    • J’avance car encore beaucoup à dire en peu de temps. 8° mot : espace. Il prenait beaucoup de place. Il occupait l’espace. Il habitait et habillait l’espace de sa présence. Comme l’a dit ma fille Jade : « ça va être tellement triste les fêtes de famille sans lui, ce ne sera jamais plus pareil ». On pensera toujours à lui, mais il manquera beaucoup.


    • 9° mot : liberté. Il était libre avant toute chose. Cela va de pair avec artiste, 9° mot ex-aequo. Artiste, c’est comme les Littéraires, il en faut bien comme dit Dany, avec son esprit très cartésien. Pour être complète, je ne peux pas ne pas mentionner sa période plasticienne. Oui, oui. Autant j’étais sa première groupie photo, autant j’ai eu un petit peu plus de mal à accrocher à sa période Barbie décapitée surmontée d’une tête de bigorneau. C’était spécial et je n’ai toujours pas compris le concept. Philippe, si tu peux m’envoyer une petite explication de texte avec les timbres, le crayon et le papier qui t’accompagnent, je veux bien.

    • J’en arrive au 10° et dernier mot.  Volonté ! Ma grand-mère paternelle disait toujours « ma petite fille, quand il y a une volonté, il y a toujours un chemin ». Elle l’appliquait en toute circonstance et bien souvent pour trouver un moyen d’ouvrir une bonne bouteille sans tire-bouchon. Philippe, c’était pour avoir ce qu’il voulait dans la vie. Il a toujours trouvé de nombreux chemins pour toujours être assuré d’arriver là où il le voulait. Et c’est un modèle à suivre en cela.


    Philippe a été très important dans nos vies. Et encore là, dans sa disparition, il est difficile de penser son absence. Il est là, toujours avec nous, dans nos têtes, dans nos cœurs et dans notre imaginaire, lui qui l’avait si fertile. Il est parti solidement entouré, entre mon anniversaire le 14 juillet et celui de sa chère mère, Dany, le 21 juillet Si on enlève le 1 de 21 et qu’on le remplace par 4, on arrive au 24 juillet, jour de la Sainte Christine et si on remplace ce même 4 par un 9, symbole de la maternité, on arrive à l’arrivée très probable et attendue du petit Orion qui n’arrive pas aussi tôt par hasard. Un cycle de vie s’éteint, un autre commence. Bienvenue à ce petit dont Philippe aurait adoré être l’heureux grand-père. Pour être complet, on se réunit autour de Philippe un 29 juillet, un mois avant la disparition de son frère Didier, un 29 août. Pour vous, tout ceci n’a peut-être aucun sens mais pour moi qui suis très attachée aux chiffres et aux dates ça en a. Ma dernière pensée va à sa mère, Dany qui n’a pas eu la force d’être parmi nous pour dire au revoir à son fils. Je ne trouve pas les mots pour cet indicible. Elle a d’abord vu partir son petit-fils adoré Aurélien, puis son cher fils Didier et maintenant Philippe, son petit dernier. « Mon petit garçon », comme elle disait, perdue, après avoir appris sa disparition. Ça ne passera jamais car ce n’est pas pensable de voir partir son enfant, son petit dernier quand on a 102 ans.  

    Je terminerai enfin avec quelques vers d’Éluard que j’ai glissés dans sa « boite » comme dit de manière si poétique ma chère Dany. J’ai tout de suite pensé à la poésie d’Éluard car Philippe avait su montrer à mes yeux de petite fille que la terre peut être bleue comme une orange. Tout dépend de l’angle de vue. Et lui avait une vision grand angle sur la vie et la poésie qui s’en dégage. Cela va énormément nous manquer. On n’a pas assez d’artistes pour faire de ce monde un endroit habitable et respirable. La seule chose qui me console, c’est que dans la famille, la relève est assurée.


    Enfin, quelques vers d’Éluard pour finir. Je vous rassure, je ne vais pas vous lire tout le recueil qui va voyager avec Philippe, juste un poème. Sans la poésie vocale de Philippe, désolée, mais le coeur y est.
    En vertu de l'amour
    J'ai dénoué la chambre où je dors, où je rêve,
    Dénoué la campagne et la ville où je passe,
    Où je rêve éveillé, où le soleil se lève,
    Où, dans mes yeux absents, la lumière s’amasse.
    Monde au petit bonheur, sans surface et sans fond,
    Aux charmes oubliés sitôt que reconnus,
    La naissance et la mort mêlent leur contagion
    Dans les plis de la terre et du ciel confondus.
    Je n’ai rien séparé mais j’ai doublé mon cœur.
    D’aimer, j’ai tout créé : réel, imaginaire,
    J’ai donné sa raison, sa forme, sa chaleur
    Et son rôle immortel à celle qui m’éclaire.

    Paul Éluard


    Où que tu sois, cher Uncle Phil, prends soin de toi et de toutes celles et ceux que tu aimes et qui t’aiment. Cela fait beaucoup de vies à veiller …

    Alice


    NB : Quelques légendes pour les photos

    1. A la tienne Phil <3

    2. Isabelle Huppert alias Christine et son réal de frère

    3. Phil et ses nièces Claire et Alice

    4. Mère et fils

    5. Dany rock and roll by Phil

    6. Dany et Raoul, au sourire signature transmis à Phil et Christine

    7. Le petit garçon d’Hiroshima by Phil

    8. La danseuse d’Orsay by Phil

    9. Aurélien by Phil

    10. Mina et moi à la maternité by Phil

    11. Phil et Mina quelques années plus tard !

    12. Hey ! Phil maître de cérémonie, avec la belle et douce Agnès, au mariage de Béréda

    13. Jean-Loup et Philou couvé des yeux par sa mère

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    Souvenir de Monsieur Philippe BERTIN par Alice
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  • Il y a 1 semaine
    Christine

    Philippe en 4 minutes

    Comment allons-nous aller au cinéma maintenant ? Philippe nous donnait, à Anne et à moi, tous les titres de films à voir, et aussi ceux qu’il fallait éviter. Certes, il y a « Le Masque et la Plume », j’aimais bien Jérôme Garcin, mais ce n’est pas pareil… Dernière prescription de notre cinéphile : L’étrangère, une réfugiée syrienne.

    Vous connaissez tous l’hyper-activisme de Philippe, sa boulimie tous azimuts. La retraite ? Quelle retraite ? Comme s’il voulait mettre les bouchées triples, devinant peut-être qu’il n’était pas éternel. La mort le surprend en train de travailler à son dernier spectacle sur André Malraux, sacré bonhomme (« Entre ici, Jean Moulin », chevrotait-il devant le Panthéon). Je laisse à d’autres la tâche de récapituler tous les spectacles, livres, reprises, chansons et projets de Philippe.

    Mon frère m’envoie un jour un début de « nouvelle à tricoter », selon ses termes, à faire passer d’aiguille en aiguille. Quatre minutes d’intervention, je n’ai même pas le temps de résumer. Disons seulement qu’une lettre quitte l’île ensoleillée de la Barbade pour la boîte à lettres obscure du narrateur (sans doute Philippe). Ce dernier devrait répondre, mais, comme il a beaucoup de chats à fouetter, il préfère nous laisser ce soin. J’ai ajouté au tricot, intitulé provisoirement « L’Institut du cervelet », un certain nombre de rangs, et renvoyé le tout à notre hyperactif qui, entretemps, a dû passer à autre chose. Si vous voulez terminer le lainage, tous et toutes à vos aiguilles !

    Il y a aussi ce modeste oiseau chanteur, l’ortolan, que nous avons couché par écrit en 2015. Or, ce volatile a subi tant de lazzi et de quolibets qu’il en est resté dans sa cage. Qu’il retourne se lisser les plumes, déclaraient les moqueurs… Mais Philippe, obstiné, m’avait dit il y a un an : « En 2026, tu auras peut-être le temps de t’y remettre. »

    Du temps, il m’en reste juste assez pour évoquer trois souvenirs de mon frère bébé et enfant. Le premier : début mars 1954, nous sommes, Didier mon jumeau et moi, envoyés à la campagne. Pourquoi cet exil ? (Je n’aime pas la campagne.) Deux semaines plus tard, nous sommes rapatriés. Philippe est arrivé. C’était donc ça !

    Deuxième souvenir : dans un appartement du 16e arrondissement, d’allure déjà assez sinistre, Didier et moi voyons notre mère aller et venir, l’air inquiet, parfois ouvrir la porte à un inconnu. Silence lugubre, finis nos chahuts et cavalcades sur le tapis de l’entrée, qui en a vu de toutes les couleurs. Nous comprenons que Philippe encore bébé est très malade (pneumonie ou quelque chose de ce genre). Philippe finit par guérir.

    Voici alors mon 3e souvenir. Philippe se penche à la fenêtre (aucun danger, c’est un rez-de-chaussée), chante à tue-tête, fait le pitre, harangue les passants, du haut de ses 3 ou 4 ans. J’ai toujours entendu ma mère dire que les résidents de ce 42 rue du Ranelagh étaient hautains, revêches, pour tout dire peu sympathiques. Je crois qu’ils ne voyaient pas d’un bon œil les pitreries de Philippe.

    Ils ont tort, car, comme le dit mieux que moi Laurence Sterne (dans « La Vie et les opinions de Tristram Shandy ») : « Chaque fois que l’on sourit, et plus sûrement encore chaque fois que l’on rit, ce sourire ou ce rire ajoute quelque chose au Fragment de vie qui nous est départi. »
    Merci Philippe d’avoir ainsi ajouté un supplément d’âme à nos petites vies.

    Mais, comme il me reste une minute, je voudrais revenir sur les vœux que Philippe nous envoyait chaque année. En 2020, c’est la photo d’un pied sculpté, par temps visiblement très froid, car des stalactites tombent dudit pied. Lequel est agrémenté de ce message : « Bon pied, bon œil » – au lieu du classique « Bonne année et surtout bonne santé, c’est ça qui compte » ! « À qui est ce pied ? », ai-je demandé à mon frère. Il ne sait pas. Mon œil !

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    Souvenir de Monsieur Philippe BERTIN par Christine
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    Souvenir de Monsieur Philippe BERTIN par Christine
  • Il y a 2 semaines
    Marine

    Denise, la mère de Philippe, ou Dany pour ses petits-enfants, a toujours été très fière de son fils chéri, et cette admiration était réciproque. La dernière fois que Dany a assisté à un spectacle de Philippe, c’était à la Cité universitaire, pavillon Heinrich Heine, il lisait des textes de Stefan Zweig, accompagné par son cousin Guillaume Bellom « le petit génie du piano ». à la fin de la représentation, Philippe a pris la parole pour dire son trac un peu plus grand que d’habitude, son énorme émotion parce que ce soir-là dans la salle sa mère était présente avec ses 98 printemps.
    Quatre printemps plus tard, Denise a 102 ans et est trop fatiguée pour être là aujourd’hui, mais elle pensera à nous toute la journée, m’a-t-elle dit. Je lui ai proposé d’enregistrer un petit message pour qu’elle soit avec nous, c’est une excellente idée, m’a-t-elle répondu, je vais y réfléchir, et quand je suis revenue à la charge avec mon téléphone, elle n’avait pas eu le temps d’y réfléchir. Mais trouvait toujours que c’était une très bonne idée.
    J’ai testé mon dictaphone, Dany réfléchissait à ce qu’elle pourrait dire, et puis j’ai proposé à ma grand-mère de lancer l’enregistrement, le vrai. Mais là, Dany, si bavarde d’habitude, est restée silencieuse. Totalement silencieuse. Je crois qu’elle ressentait la même chose que moi. Ça fait une semaine que je me dis qu’il faut que j’écrive un texte, mais c’est impossible. Parce que ça veut dire que c’est vrai. Que c’est vraiment arrivé. Ne pas écrire permet de faire comme si ça n’existait pas. Le silence de ma grand-mère dit la même chose.
    Mais Dany est tellement fière de son Philippe. Mercredi dernier, elle racontait à son amie Inès qu’il avait réussi, même aux urgences, à faire rire les soignants ; ce à quoi Inès a répondu, mais Denise, Philippe était un artiste, il est mort sur scène, comme Molière !
    Moi je veux encore croire à une farce, comme dans la chanson de Brassens : il y a les copains affligés, les copines en pleurs et tout le monde équipé de sa tenue de deuil. Agnès a fait les choses comme il faut, l'enterrement parait officiel. Bravo !
    Mais la blague frise le mauvais goût, tu ne lèves pas le couvercle en t’écriant « coucou ».
    Tous ceux qui ont eu la chance de te rencontrer connaissent ton esprit blagueur, ta drôlerie et ta fantaisie. Dès qu’on organisait une fête, il fallait que ça colle avec ton emploi du temps de ministre parce qu’une fête sans toi n’est pas vraiment une fête. Alors cette année 2026, nous avons célébré ton anniversaire, celui de Jeanne, celui de Bérénice, le mien, et nous n’avons pas pu fêter les anniversaires de juillet, ni celui d’Alice, ta filleule préférée, ni celui de Dany, ta chère mère, et je n’arrive pas à concevoir qu’il va falloir maintenant imaginer des fêtes sans toi.
    Avant de vous faire entendre les quelques mots de Dany , je voudrais terminer avec les mots de Philippe, qui a dédicacé ainsi un de ses livres : « à ma chère mère, qui a toujours su que son petit deviendrait grand. »

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    Souvenir de Monsieur Philippe BERTIN par Marine
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  • Il y a 2 semaines
    Alice

    Cet hommage n'est visible que par la famille
  • Il y a 2 semaines
    Sido rougeul

    Autre scénette filou dialogue avec le clown
    En 5 photos

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    Souvenir de Monsieur Philippe BERTIN par sido rougeul
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  • Il y a 2 semaines
    Sido rougeul

    Petite scénette de filou ce clown du quotidien même son départ devient jeu voici : filou prend le train

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    Souvenir de Monsieur Philippe BERTIN par sido rougeul
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  • Il y a 2 semaines
    Sido rougeul

    Vous avez plusieurs à me demander la lettre d'albert Camus à rené char sur le rare de l'amitié:

    "Cher René,

    Je suis en Normandie avec mes enfants, près de Paris en somme, et encore plus près de vous par le cœur. Le temps ne sépare, il n’est lâche que pour les séparés — Sinon, il est fleuve, qui porte, du même mouvement. Nous nous ressemblons beaucoup et je sais qu’il arrive qu’on ait envie de
    « disparaître », de n’être rien en somme. Mais vous disparaîtriez pendant dix ans que vous retrouveriez en moi la même amitié, aussi jeune qu’il y a des années quand je vous ai découvert en même temps que votre œuvre. Et je ne sais pourquoi, j’ai le sentiment qu’il en est de même pour vous, à mon égard. Quoi qu’il en soit, je voudrais que vous vous sentiez toujours libre et d’une liberté confiante, avec moi.

    Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent, qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver. La vie d’aujourd’hui est trop dure, trop amère, trop anémiante, pour qu’on subisse encore de nouvelles servitudes, venues de qui on aime. À la fin, on mourrait de chagrin, littéralement. Et il faut que nous vivions, que nous trouvions les mots, l’élan, la réflexion qui fondent une joie, la joie. Mais c’est ainsi que je suis votre ami, j’aime votre bonheur, votre liberté, votre aventure en un mot, et je voudrais être pour vous le compagnon dont on est sûr, toujours.

    Je rentre dans une semaine. Je n’ai rien fait pendant cet été, sur lequel je comptais, beaucoup, pourtant. Et cette stérilité, cette insensibilité subite et durable m’affectent beaucoup. Si vous êtes libre à la fin de la semaine prochaine (jeudi ou vendredi, le temps de me retourner) déjeunons ou dînons. Un mot dans ma boîte et ce sera convenu. Je me réjouis du fond du cœur, de vous revoir.

    Votre ami" Albert Camus

  • Il y a 2 semaines
    Sido Rougeul

    Voici les amis désolé le précédent message n'était pas lisible voici le texte lu et accompagné par Gaël Ascal improvisant à la contrebasse

    Mercredi 29 juillet 2026
    Dire Philippe, un portrait, une gageure…

    Filou quel chagrin nous vient de toi tout en rire, c’est si fou que tu me foutes le cœur gros gris toi tout en couleur.
    Mon si cher phil avec un p comme philanthrope, fil à fil avec un f comme flibustier, ou flagorneur, fanfaron parfois pour rire et toujours farfada, si filou, pour toujours mon bertinou, doux ami. Bertin dit bert souvent au grand pied, parfois Berthe, Morisot Berthe avec moi pour parler couleur et peinture : nous aimions tant ce jeu des surnoms, des mots qui glissent qui voyagent en valise ou se font la malle, nous étions sans fin dans ces jeux.
    Toi, c’est beaucoup de rire, des rires fous à s’en faire pipi dessus à côté du répondeur téléphonique faute d’avoir pu rejoindre les wc à temps. Tant de fantaisies, d’audaces, fantasque l’homme qui ose et qui s’autorise …
    L’univers Ubuesque, à la Tati, dont tu m’enchantais, n’avait d’égal que la gravité qui parcourait tout ton travail. Il n’y avait pas une route de création mais de multiples chemins pour toi et même les sentiers à mulets ne t’effrayaient pas. Dans ton urgence, parfois brusque ou maladroit avec autrui, si pressé que tu étais encore et en corps à imaginer, tout était bon pour créer et nous nous retrouvions là-dessus, car sans hésiter tu saisissais tous les outils passant près de toi. Photos, vidéos, collages, encres, dessins et montage, parfois l’écriture même avec ta superbe voix le chant et plus encore les lectures, , ne rien oublier des arts de la scène, de l’invention immédiate, du théâtre, de la danse mais aussi des conceptions de décors, la joie sans fin de se costumer, d’enfiler des masques, de se déguiser sans fin pour mieux révéler, faire du vrai plus vrai que le vrai. Tu as exploré tout cela avec les mots des autres et cette inépuisable passion des textes, grand farfouilleur d’archives, tu plongeais dedans et nous dévoilais tes recherches, faisant sourdre l’histoire avec un grand H de mille et une manière, sans jamais te soucier de ce que d’aucun en penserait.
    Avec ta gourmandise et cette si belle exigence, tu as parcouru des chemins de traverses, nous donnant à voir, soulevant nos voiles opaques car au-delà de tes formidables rires le plus souvent ton travail révélait le pire de l’humain. Comme une roulette russe faisant tourner un prisme reflétant le terrible des guerres, l’inouïe de la souffrance faites aux hommes par des hommes cela qui affleurait dans tout ton travail.
    Filou tu frottais ainsi ta conscience à l’histoire des hommes, tant de strates remises à nues, revisitant par ton travail les monstruosités humaines, peut être comme un enfant qui réclame à son parent encore et encore chaque soir la lecture du même conte celui qui le terrifie, pour tenter de dépasser l’effroi qu’il en éprouve. Fil, toi tu donnais à voir et à entendre le plus noir de l’histoire des hommes, dans un frottement décalé, éclaboussant les certitudes, révélant le préconçu, l’improbable, l’insolite de l’histoire, le fracassant ce terrible de l’humain... De la traite des noires aux empires coloniaux au travers les ruines du jardin agronomique de Paris, de ce temps ou pour découvrir les autochtones des colonies ont allaient les voir au zoo où ils étaient parqués, puis passant par la boue des tranchées de 14/18 revenant sur les tondues de 39/40 jusqu’aux trains de la mort d’Auschwitz ou encore usant de couleurs si joliment saturées presque fluorescentes nous transportant dans une Hiroshima irradiée, ou encore en quête de mots pour la maladie d’Alzheimer, jusqu’aux réfugiés climatiques plongés dans la folie d’un océan digne de Jules Verne… Ainsi dire ton chemin de création ici est frustrant car impossible tant il est grand.
    Transposant les atrocités, nous invitant à les entendre ses maux du monde, tentant de les traduire, dans l’idée de nous conduire au travers, pour se faire tu nous plongeais dans des perceptions sensorielles plutôt que dans des concepts. On c’était retrouver dans cette approche de faire éprouver à l’autre plutôt que d’expliquer. Le poète Yves Jouan réussi enfin à nous réunir alors que nos maisons se jouxtaient presque, persuader à juste de titre que la rencontre serait fulgurante, ce qu’elle fut. Et la folie accompagna nos projets, ma démesure te réjouissait autant que moi ta formidable fantaisie. Tu travaillais avec Yves sur ce recueil de « la plume et la faux », revisitant déjà 14/18. Tu avais pris l’horreur sous le biais d’une dérision, choisissant de très jolies cartes postales en noire et blanc rehaussées par le photographe d’antan de quelques couleurs aux pinceaux. En fait, ces clichés n’étaient que propagande mettant en scène le bonheur fantasmé du poilu héroïque en amour avec une dulciné. Et j’avais tant aimé que tu détournes le propos pour rendre toute la monstruosité véritable de cette guerre. Pour ce faire, tu avais avec une chambre photographique refait des tirages sur verre de ces cartes postales, puis tu avais enfoui les plaques de verre dans ton micro jardin de Malakoff, les engloutissant en terre livrant ton travail à la pluie. Bientôt ces tirages, eux aussi comme les truffions furent immergés dans glaise, cela un hiver durant, tu les avais laissés là à se détériorer. Enfin, tu les avais déterrés, nettoyés et tirés sur papier. Devant mes yeux à la place de la belle image d’Épinal du poilu enamouré, surgit une image érodée, rongée, dont le sépia du tirage accentuait l’effet de terre et de glaise éclatée. C’était saisissant ces cartes de propagande devinrent des photos où tout avait été comme plongé dans la rage, transmettant mieux qu’aucune reconstitution réaliste l’effroi des combats, la douleur et l’abomination de ce qui c’était déroulé dans les tranchées de 14/18.
    C’était cela filou, sans explication avec son travail, juste il nous immergeait simplement dedans. Dire en faisant resurgir, initiant ce constant frottement entre hier et ce jour. Nous interrogeant autant qu’il se questionnait sur la souffrance, il témoignait en image ou en prêtant sa voix aux auteurs tout en laissant transparaitre son espièglerie.
    Ces dernières années ainsi, lâchant un peu tes outils de plasticiens, tu t’es épanoui sur la scène offrant ta voix de chanteur aux auteurs. Laissant s’ébouriffer de dérision, de déraison la parole, faisant une place plus grande encore à l’humour en donnant voix aux textes les plus décalés ceux-là d’illustres auteurs ou ceux naissant d’inconnus ou même d’auteurs oubliés.
    Avec le temps sans doute par pudeur et beaucoup de délicatesse devant la douleur, délicieusement facétieux tu emplis l’espace ta vie et de ton travail de drôlerie.
    Tu n’étais pas compliqué en fait tu étais un être complexe aux multiples facettes, si déroutant pour certain, d’une inépuisable curiosité tu plongeais en de vertigineux labyrinthes magnifiques.
    Nous sommes nombreux comme moi à avoir partager tes folies, comme il y a 10 jours toujours aussi gourmant nous reparlions d’enregistrer la performance sur Bourdelle et toi tu projetais aussi de reprendre ton Marienbad en écho de l’émoi naissant qu’avait été pour toi la grande Delphine Seyrig…

    Comme tant d’autres j’ai tant adoré travailler et vivre ce grand partage avec toi mon ami si chéri. Alors encore un peu de mots d’auteurs pour toi qui les aimais tant, voici ceux d’un poète qui nous parle du rare de l’amitié :

    Extrait d’une lettre d’Albert Camus à René Char :
    " Cher René… Quoi qu’il en soit, je voudrais que vous vous sentiez toujours libre et d’une liberté confiante, avec moi… Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent, qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver. La vie d’aujourd’hui est trop dure, trop amère, trop anémiante, pour qu’on subisse encore de nouvelles servitudes, venues de qui on aime. À la fin, on mourrait de chagrin, littéralement. Et il faut que nous vivions, que nous trouvions les mots, l’élan, la réflexion qui fondent une joie, la joie. … C’est ainsi que je suis votre ami, j’aime votre bonheur, votre liberté, votre aventure en un mot, et je voudrais être pour vous le compagnon dont on est sûr, toujours. Je me réjouis du fond du cœur, de vous revoir. Votre ami". Albert Camus

    Oui retrouver cette si belle légèreté d’aimer, vivre, avec la belle Agnès trouver le clown en tout, encore chanter et danser, plus encore rire, et tu devins ce clown qui véritablement joue comme Marina Tsvetaïeva parlait du jeu des enfants, de ceux-là même qui jouent si totalement qu’ils n’auraient pas plus de gravité pour mourir.
    Filou, funeste jour, comment jouer sans toi mon fil. Ami il te faudra me laisser un peu de temps pour retrouver ton rire et le suivre en farandole et ricochet. C’est si vite ce temps dévalé, avec moi plus de 25 ans…
    Ami, t’es où, non mais t’es où ami, et je pense à tous ces artistes qui ont cheminés avec toi, à tous ceux qui ne peuvent être là, à Françoise Ascal, à ton cher Yves Jouan et tant d’autres… Pour moi tu resteras mon ami si attentif et attentionné celui qui m’a soutenu dans ma traversé du pire, m’offrant sans compter ton appui, ton écoute et ton respect et toute ta confiance en mon travail.
    Toi qui avec tant d’humour a alimenté ma joie d’une légèreté si plume…
    Tu vois avec ton amour forcement après… ont volent
    ‘Se serait délice de pouvoir dire encore
    Filou mais qu’est-ce que tu fou allez viens vite filons en catimini…’
    Fil mon feu follet funambule
    alors merci, grand merci d’avoir été toi, Monsieur Philippe Bertin
    avec tout mon amour ton amie sido te salut

  • Il y a 2 semaines
    Sido rougeul

    Voici le portrait ecrit sur philippe lu par sido qui était accompagnée à la contrebasse par gael ascal compositeur improvisateur et musicien qui a fait plus d'une 12 spectacles lecture musicale avec philippe

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